Le 1200 mètres 50

T’es bien pilé, saucé, rincé, épongé
Le torchon brûle entre ta cervelle et l’évier
T’es bien crachin, machin, pépin, bref, bon à rien
T’es mûr pour venir avec moi au stade Jean Bouin

Car tu sais, Norbert, comme on a pas la tête
A défaut de méninges on se remue les gambettes
On sort nos pieds nus, les fait descendre la rue
Qu’ils soient prêts quand le grand soir sera venu

Car le 1200 mètres 50 et 3 haies
Le 1200 mètres 50 y’a que ça de vrai
Les amours marathons, les soirées demi-fond
Elles sont bien rangées dans la commode du salon

T’es bien bidule, globule, pustule, chouette hulule
Le jean s’affaisse, la mèche s’engraisse, faut revoir le costume
Et t’es bien frit, cuit, cuit, oiseau de mauvaise nuit
Les roucoulements dans les écoulements ils sont partis
Mais tu sais, Norbert, comme on est pas des esthètes
A défaut de « oh merveilleux », faut ramasser les miettes
Sortir nos yeux nus, les faire descendre la rue
Qu’ils soient prêts quand le grand soir sera venu

Je prends ton pied tu prends mon pied déjà une haie de passé
Je prends ton nez, tu prends mon nez, pas cap’ de pas respirer
Je prends ton oreille, tu prends mon oreille, c’est du pareil au pareil
Faut du travail c’est naturel on est pas champion en une semaine
Je prends ton menton, menton, une petite valse à reculons
Je prends tes pommettes, pommettes, le visage dégourdi c’est chouette
Je prends tes dents, tes dents, notre final est épatant
Une chorégraphie béton comme Ben Jhonson on sera champion

Et enfin arrivé le grand soir du meeting,
Des affiches de nous collées dans tous les parkings
Au coup de feu ! On s’élance de notre mieux
Les pommettes c’est chouette on doit faire des envieux

Mais à la fin de la course malgré tous nos efforts
Il manque la fille avec un bouquet et un juste-au-corps
Les acclamations, le podium, les cotillons
L’impression de pas être tout seul comme des cons
Le 1200 mètres 50 et 3 haies, le 1200 mètres on peut pas dire que ça plaît
Les amours marathon, les soirées demi-fond
Elles m’attirent viens là mon gars dans le canapé du salon