C’EST NOIR
J’aime bien être sur la route le soir, y’a personne et
c’est noir, c’est noir, c’est noir
Une voiture qui passe ça fait tout jaune, et après ça redevient tout noir, c’est
noir
Pourquoi que tu te casses la nuit, qu’elles m’ont dit, parce que c’est noir
c’est noir j’ai répondi
Et quand c’est noir c’est noir un truc qu’est sûr, on voit
moins bien ces salopes d’écorchure
Une m’a dit si tu continues, je t’attache, moi j’ai dit va te faire foutre,
grosse vache
Ces connes-là elles y comprennent rien du tout, aux écorchures qui cognent partout
partout
Vous avez qu’a inventer la colle, que tous mes bouts cassés elle rafistole
J’aime bien être sur la route le soir, y’a personne et c’est noir, c’est noir,
c’est noir
Des fois j’ai des amis qui viennent me voir, qui viennent me dire un petit bonsoir
Y’a les trains bleus de Pantin, quand mon père m’emmenait regarder les trains
Ca passait vite mais putain c’était bien, les petits trains bleus de Pantin
Et pis y’a le parc en bas de chez nous, où mon petit amoureux riait beaucoup
J’aimais quand il m’embrassait sur la bouche, j’aimais les embouteillages de
nos souffles
Que je sais plus pourquoi ils sont plus là, mais des fois sur la route le soir
je les vois
C’est pour ça qu’elles m’emmerdent les grosses vaches dégueulasses
Je les verrai plus si jamais elles m’attachent
Je rentre pas, j’en ai marre des grosses vaches détestables
Qui me diront Louise Daumier faut être raisonnable
Pauvre conne tu sais pour être raisonnable, il faut jamais faire que des rêves
minables
Faut jamais voir les trains bleus de pantin, jamais se faire embrasser par Augustin
Et pour le grand tour de magie, pour effacer ma gueule
Je serai une grande fille, je me débrouillerai toute seule